Milord Germán

Milord Arespingh, « un gentilhomme anglais », c’est lui, Germán Enrique Alcántara.

Dans l’Italiana in Londra, il représente la vieille noblesse avec son allure distinguée, la conscience de ses devoirs, ses sentiments passionnés et fidèles et… ses attitudes désuètes. Comme dans l’ancienne comédie napolitaine, il semble marcher sur des talons trop hauts là où ses partenaires roturiers ont les pieds bien par terre. Il est passionné, mais comme en un autre temps, comme dans les livres anciens. Il aime sincèrement sa Livia, mais a bien du mal à percer tous les écrans qui l’en séparent, et ils sont divers : obligation d’épouser une Milady, divergences de vision du monde avec l’homme d’affaire Sumers, avec la maîtresse de pension Madama Brillante et avec le joyeux Napolitain Don Polidoro, d’où malentendus en chaîne. C’est la difficulté du rôle : ni tragique, ni drôle, mais comique dans cet entre-deux.

Il a 28 ans, il est baryton. Il vit aujourd’hui à Paris mais il est né et a grandi à Misiones en Argentine, où il a fait ses premiers pas comme soliste, en passant d’abord par la musique populaire que lui a apprise son grand-père, un grand guitariste bohème à qui il doit sa passion pour la musique, puis par l’oratorio et l’opéra, auxquels il se dédie actuellement.

Team Génération Baroque : Germán, parlez-nous de votre rôle.
Germán : Dans L’Italiana j’incarne le rôle de Milord, un jeune noble anglais qui souffre d’un amour perdu qu’il tente de récupérer tout au long de l’histoire. C’est un personnage plein de peurs et de problèmes qui, malgré tout, donnerait tout par amour (à sa manière). Il est souvent vu comme « el malo de la película », (le méchant du film), mais chacune de ses apparitions permet de découvrir le côté tragique de l’amour, comme dans un monde parallèle, immatériel. Je me retrouve en lui dans cette « passion ». C’est un personnage qui m’a permis d’expérimenter le tragicomique, mais aussi de développer le pan dramatique de ma ligne lyrique et d’explorer le rôle de « l’amant » dans la Commedia dell’Arte. En cela, Martin [Gester] m’a aidé à travailler une interprétation ludique et comique de mon personnage dans sa dimension musicale, tout comme Carlos [Harmuch], qui, avec son oeil critique sur les questions d’ordre théâtral et artistique, m’a permis de développer de nouveaux points de référence, plus riches, plus intenses.

Team Génération Baroque : Après une première expérience en mai, qui avait l’air bien intense, comment revenez vous au travail cinq mois plus tard ?
Germán : Avec cette nouvelle étape, j’espère, à titre personnel, retrouver tous ces amis avec qui nous avions préparé cette oeuvre merveilleuse en mai dernier, et rencontrer les nouveaux partenaires. Cela va être passionnant de poursuivre le travail sur l’oeuvre. A titre professionnel, il s’agira d’un nouveau défi vocal et musical. Je crois que c’est fondamental : la musique sera encore plus enrichie par la « voix » de chacun. Le plus important dans une telle production, c’est non seulement de ramener chez soi de nouveaux outils et de beaux souvenirs, mais aussi d’écrire une nouvelle page dans l’histoire de cette musique qui a gardé le silence pendant si longtemps. Nous avons la chance de faire quelque chose ensemble, de faire revivre Cimarosa… En somme, de partager nos expériences pour redonner un nouveau visage à cette belle oeuvre !

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